L’Institut d’études post-printemps arabe (IEPPA ou IPASS en anglais : Institute of Post-Arab Spring Studies) se spécialise sur ce qu´on appelle le post-printemps arabe. Il s`agit à la fois d`un sujet d`étude, mais aussi d`une possible nomenclature pour une périodisation des plus récentes pour le monde arabe. L`IEPPA se veut un espace de découvertes et d`interactions interdisciplinaires pour traiter de toutes questions relatives à cette nouvelle réalité que forment les terrains et terreaux du monde arabe depuis 2011.

L`IEPPA souhaite étudier de multiples questions à partir d`angles très divers. Par exemple : - Le printemps arabe et ses conséquences peuvent-ils aboutir à une révolution symbolique dans les recherches sur le monde arabe? - Peut-on dire que le monde arabe et surtout les pays touchés par le printemps arabe se trouvent dans une situation de bouleversement, comparable à celle qu’avait connue l’Europe à l’époque de la réforme et des guerres de religion? - Le printemps arabe et ses développements post-printemps arabe auraient-ils vu naître non pas la fin des approches épistémologiques et méthodologiques qui étaient dominantes avant 2011 pour l`étude de l`islam politique (islamisme), mais plutôt la naissance de « nouvelles conditions de recherche », de nouvelles formes de relations entre le chercheur et le monde arabe permettant de nouveaux paradigmes d’analyses?

Le terme «post-Arab Spring studies » (`Post-Arab Spring Studies`) peut renvoyer à trois acceptions distinctes : 1. un sens purement historique, où ce terme marque une rupture temporelle entre la période d’avant et celle d’après ce qu’on appelle le «printemps arabe». Selon cette acception, seul ce qui se rattache à la période suivant 2011 est pris en compte. Il s`agit d`un terme qui veut alors ouvrir une nouvelle période dans l`histoire du monde arabe ; 2. un sens qui renvoie au corpus des travaux produit depuis la fin du printemps arabe ; 3. un sens scientifique, donnant lieu à une démarche théorique où les discours, les approches épistémologiques et les données touchant le monde arabe sont interrogées. Ces trois acceptions s’articulent dans une démarche qui ouvre un nouveau champ d`études, celui des études post-printemps arabe. Au-delà de faire référence simplement à un nouveau jalon dans la périodisation du monde arabe, ce terme s’emploie aussi à recouvrir les multiples éléments et facteurs du monde arabe affectés par certains courants se qualifiant explicitement et implicitement comme postmodernistes et/ou postcoloniales. Ceux-ci abordent des phénomènes divers, tels que : les liens entre le religieux et le politique, l´État-nation, les notions et divergences au sein d`un concept parapluie comme l`islamisme, etc., mais toujours à partir de perspectives enracinées dans une ou l`autre des parties complexes que forme le soi-disant `monde arabe` et/ou `arabo-musulman`. La diversité de ses courants est grande. Certains s`inscrivent dans une logique reflétant des courants déjà existants en occident. D`autres adoptent consciemment ou inconsciemment un point de vue plutôt islamiste, parfois réductionniste, anhistorique, sélectif, et/ou asocial. Évidemment, ces derniers présentent plutôt une dimension paradoxale au sein de la grande famille des approches postmodernistes et/ou postcoloniales.

Avec une vocation fortement transdisciplinaire, l’Institut d’Études Post-Printemps Arabe (IEPPA) cherche à développer un champ ouvert aux multiples approches théoriques, méthodologiques, idéologiques, éthiques, etc. qui émergent déjà ou émergeront dans les années à venir afin de re-penser et de réagir aux nouvelles circonstances qui se vivent au jour le jour dans ce monde arabe si complexe dans ses dynamiques autant que dans celles qui le lient aux autres régions du monde. L`IEPPA cherche dans la mesure du possible à aller au-delà des angles morts, des zones de confort et des ghettos intellectuels. Ces derniers ont peut-être une certaine part de responsabilité dans les séquelles néfastes qu’a connues ledit `printemps arabe`. Les méthodes et les outils conceptuels et épistémologiques disponibles étaient-ils et sont-ils encore suffisamment adéquats pour déchiffrer les évolutions spécifiques et complexes liées au monde arabo-musulman? De nouvelles recherches ne sont-elles pas impératives pour enrichir notre compréhension de ce monde, redresser les perspectives, tenter de combler les lacunes actuelles en la matière ainsi que de déconstruire les préjugés largement répandus? En somme, l'IEPPA vise à offrir des pistes de réflexion sur ces questions afin d`offrir de nouveaux horizons de réponses, sans tomber dans l`erreur de les penser définitives. L´IEPPA se compose de quatre unités d’études et de trois moyens de diffusion des savoirs. Statut et Objectifs